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 Un instant de poésie...

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Johanna
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MessageSujet: Un instant de poésie...   Mar 12 Jan - 13:28

Suite à une conversation toute récente avec un ami, mon esprit s'est mis à se remémorer quelques poèmes parmi les grands classiques, dont la charge émotionnelle ne manque jamais de résonner en moi... Autant les partager (à nouveau)...

***

L'isolement
(Alphonse de Lamartine)

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon,
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs,
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports,
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante :
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts ;
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire,
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes vœux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi restai-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
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Johanna
Vénérée fondatrice
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 12 Jan - 13:40

Parmi mes textes préférés, un des Spleens de Baudelaire...

***

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
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Pythéas
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 12 Jan - 13:49

Pour t'aider à larguer les amarres...

Ma liberté
Longtemps je t'ai gardée
Comme une perle rare
Ma liberté
C'est toi qui m'as aidé
A larguer les amarres
Pour aller n'importe où
Pour aller jusqu'au bout
Des chemins de fortune
Pour cueillir en rêvant
Une rose des vents
Sur un rayon de lune

Ma liberté
Devant tes volontés
Mon âme était soumise
Ma liberté
Je t'avais tout donné
Ma dernière chemise
Et combien j'ai souffert
Pour pouvoir satisfaire
Tes moindres exigences
J'ai changé de pays
J'ai perdu mes amis
Pour gagner ta confiance

Ma liberté
Tu as su désarmer
Mes moindres habitudes
Ma liberté
Toi qui m'as fait aimer
Même la solitude
Toi qui m'as fait sourire
Quand je voyais finir
Une belle aventure
Toi qui m'as protégé
Quand j'allais me cacher
Pour soigner mes blessures

Ma liberté
Pourtant je t'ai quittée
Une nuit de décembre
J'ai déserté
Les chemins écartés
Que nous suivions ensemble
Lorsque sans me méfier
Les pieds et poings liés
Je me suis laissé faire
Et je t'ai trahie pour
Une prison d'amour
Et sa belle geôlière

Et je t'ai trahie pour
Une prison d'amour
Et sa belle geôlière

Georges Moustaki

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Pythéas
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 12 Jan - 14:03

Et l'autre Charles, non pas Beaudelaire mais Trenet, pourrait te proposer :

C'est un jardin extraordinaire:
Il y a des canards qui parlent occitan.
Je leur donne du pain, ils remuent leur derrière
En me disant "Thank you very much, Madam' johan"..................................................... Shocked
On y voit aussi des statues
Qui se tiennent tranquilles tout le jour, dit-on
Mais moi, je sais que, dès la nuit venue,
Elles s'en vont danser sur le gazon.
Papa, c'est un jardin extraordinaire:
Il y a des oiseaux qui tiennent un buffet.
Ils vendent du grain, des petits morceaux de gruyère.
Comme clients ils ont Monsieur le maire et le Sous-Préfet.

Il fallait bien trouver, dans cette grande ville maussade
Où les touristes s'ennuient au fond de leurs autocars,
Il fallait bien trouver un lieu pour la promenade.
J'avoue que ce samedi-là je suis entré par hasard...
Dans, dans, dans...

Un jardin extraordinaire,
Loin des noirs buildings et des passages cloutés.
Y avait un bal que donnaient des primevères.
Dans un coin de verdure, les petites grenouilles chantaient
Une chanson pour saluer la lune.
Dès que celle-ci parut, toute rose d'émotion,
Elles entonnèrent, je crois, la valse brune.
Une vieille chouette me dit: "Quelle distraction!"
Maman, dans ce jardin extraordinaire,
Je vis soudain passer la plus belle des filles.
Elle vint près de moi, et là me dit sans manières:
"Vous me plaisez beaucoup, j'aime les hommes dont les yeux brillent!"

Il fallait bien trouver, dans cette grande ville perverse,
Une gentille amourette, un petit flirt de vingt ans
Qui me fasse oublier que l'amour est un commerce
Dans les bars de la cité,
Oui, mais oui mais pas dans...
Dans, dans, dans...

Mon jardin extraordinaire.
Un ange du Bizarre, un agent nous dit:
"Étendez-vous sur la verte bruyère,
Je vous jouerai du luth pendant que vous serez réunis."
Cet agent était un grand poète
Mais nous préférions, Artémise et moi,
La douceur d'une couchette secrète
Qu'elle me fit découvrir au fond du bois.
Pour ceux qui veulent savoir où le jardin se trouve,
Il est, vous le voyez, au coeur de ma chanson.
J'y vole parfois quand un chagrin m'éprouve.
Il suffit pour ça d'un peu d'imagination!
Il suffit pour ça d'un peu d'imagination!
Il suffit pour ça d'un peu d'imagination!

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Laurentbarre
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 12 Jan - 14:29

Quelques valorisiens,
et même valorisiennes,
ont sûrement un chien,
des perruches, une hyène ?

Mais je sais que certains
hébergent à leurs côtés
de ravissants félins
qui les ont adoptés.

Ayant choisi aussi
Un félin avatar
Je veux louer ici
leur douceur et leurs charmes

Laurentbarre



Les chats

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Charles BAUDELAIRE

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Johanna
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 12 Jan - 15:37

Baudelaire visiblement plaît...
Encore un de ses textes parmi mes préférés (en particulier le dernier quatrain).


Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir
Valse mélancolique et langoureux vertige

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige
Valse mélancolique et langoureux vertige
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige
Un coeur tendre qui hait le néant vaste et noir
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige

Un coeur tendre qui hait le néant vaste et noir
Du passé lumineux recueille tout vestige
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir
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Elisa
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 12 Jan - 16:13

Johanna, ce poème de Lamartine est un de mes préférés, merci de me l'avoir remis en mémoire.

J'ai aussi un faible pour celui-ci :


JE SUIS COMME JE SUIS
Jacques Prévert –


Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j’ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J’aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n’est pas le même
Que j’aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi

Je suis faite pour plaire
Et n’y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu’est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu’est-ce que ça peut vous faire

Ce qui m’est arrivé
Oui j’ai aimé quelqu’un
Oui quelqu’un m’a aimé
Comme les enfants qui s’aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer...
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n’y puis rien changer.

_________________
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Kerv

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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 12 Jan - 16:28

Un autre de Baudelaire, pour mon plaisir personnel (en effet, ce texte a eu, pour moi, une grande "importance" à une certaine époque...)

Que diras-tu ce soir...


Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon cœur, cœur autrefois flétri,
A la très-belle, à la très-bonne, à la très-chère,
Dont le regard divin t'a soudain refleuri ?

– Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité ;
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges,
Et son œil nous revêt d'un habit de clarté.

Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau.

Parfois il parle et dit : "Je suis belle, et j'ordonne
Que pour l'amour de moi vous n'aimiez que le Beau ;
Je suis l'Ange gardien, la Muse et la Madone."
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chris19

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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Jeu 14 Jan - 17:12

Une poésie apprise par ma petite fille à lécole primaire ...

Mignonne souris blanche

Comme un flocon de neige

Tombé un beau dimanche

D'une branche légère,

Joli flocon d'argent

Au museau si malin,

Pourquoi as-tu si peur

Que je sens dans ma main,

Battre ton petit coeur ?


Larourie

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malo-rie

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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Lun 15 Fév - 11:12

Je me permet de glisser parmis ces si beaux poèmes, une strophe de mon préféré : ( De Beaudelaire évidemment! )


" Derrière les ennuis et les vastes chargrins,
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse,
Sélancer vers les champs lumineux et sereins. "

( Strophe tirée du poème: Elevation )
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Elisa
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Jeu 1 Avr - 5:11

Un poème de circonstance :






POISSON D'AVRIL


Un poisson d'avril

Est venu me raconter

Qu'on lui avait pris

Sa jolie corde à sauter



C'était un cheval

Qui l'emportait sur son cœur

Le long du canal

Où valsaient les remorqueurs



Et alors un serpent

S'est offert comme remplaçant

Le poisson très content

Est parti à travers champs



Il saute si haut

Qu'il s'est envolé dans l'air

Il saute si haut

Qu'il est retombé dans l'eau.



Boris Vian

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Eoloas
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 18 Mai - 14:27

Boris Vian pour Barbara

Un beau jour ou peut-être une nuit
Près d'un lac je m'étais endormie
Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part
Surgit un aigle noir.

Lentement, les ailes déployées,
Lentement, je le vis tournoyer
Près de moi, dans un bruissement d'ailes,
Comme tombé du ciel
L'oiseau vint se poser.

Il avait les yeux couleurs rubis
Et des plumes couleur de la nuit
A son front, brillant de mille feux,
L'oiseau roi couronné
Portait un diamant bleu.

De son bec, il a touché ma joue
Dans ma main, il a glissé son cou
C'est alors que je l'ai reconnu
Surgissant du passé
Il m'était revenu.

Dis l'oiseau, oh dis, emmène-moi
Retournons au pays d'autrefois
Comme avant dans mes rêves d'enfant
Pour ceuillir en tremblant
Les étoiles, des étoiles

Comme avant, dans mes rêves d'enfant
Comme avant, sur un nuage blanc
Comme avant, allumer le soleil
Etre faiseur de pluie
Et faire des merveilles.

L'Aigle Noir dans un bruissement d'ailes
Prit son vol pour regagner le ciel
Quatre plumes, couleurs de la nuit
Une larme, ou peut-être un rubis
J'avais froid, il ne me restait rien
L'oiseau m'avait laissée
Seule avec mon chagrin.

Un beau jour ou était-ce une nuit
Près d'un lac je m'étais endormie
Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part
Surgit un aigle noir.
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Elisa
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mer 19 Mai - 19:04

Tiens, tiens !

Nos charmants petits pirates se sont transformés en druide des Tuatha Dé Dânann !

Je soupçonne la Bretagne de nous envahir ! (Aïe pas taper Pythéas ! Ni toi Gromit !)

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Pythéas
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mer 19 Mai - 21:14

D'abord, je ne frappe jamais les femmes, même pas avec une rose. *

Ensuite, je ne suis pas breton!

Enfin, ce ne sont pas les druides mais les bardes qui chantaient à l'époque...

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Ven 21 Mai - 15:25

Deiz mat

Quelqu'un(e) aurait-il (elle) quelque chose contre les bretons?

J'ai pris la relève de mes bihan aerbreizherien qui vous ont rendu visite il y a déjà quelques temps, et j'ai préféré changer mon pseudo. Ainsi d'ailleurs que le mot de passe. Les chenapans sont bien attrapés : ils doivent maintenant passer par moi pour jouer - à moins qu'ils ne créent un autre compte.

Je visite petit à petit tout votre site : Il y a de quoi lire.

ken'
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 22 Juin - 19:43

Moments de nostalgie, en ce moment... Je ressors quelques vieux albums... (presque 20 ans, déjà...)


ça ressemble à la Toscane douce et belle de Vinci
les sages et beaux paysages font les hommes sages aussi
ça ressemble à des images, aux saisons tièdes, aux beaux jours,
au silence après l'orage, au doux toucher du velours,
c'est un peu comme ces musiques qu'on entend sans écouter,
ces choses qui n'existent jamais tant que le manque qu'elles ont laissé...
ça ressemble à ces grand-routes, sans virage, sans détours,
la dolce vita, sans doute...
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Pythéas
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 22 Juin - 20:28

De la même époque ...
Je chante


Le brouillard qui se dépose le matin
les pierres d'un sentier
de colline
Le faucon qui s'élèvera
le premier rayon de soleil qui arrivera
la neige qui fondra
en se précipitant vers la mer
La trace d'une tête sur le coussin
les pas lents et incertains
d'un enfant
le regard de sérénité
la main qui sera tendue
la joie de qui attendra

_________________
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mer 7 Juil - 14:27

J'affectionne la poésie mais plus particulièrement ceux qu'ils la font en chantant. Je me rappelle du mythique cercle des poètes de la chanson française: J. Brel, J. Ferrat, G. Brassens et L. Ferré.
Brassens mon préféré a écrit une fois:
Non, ce n'était pas le
radeau
De la Méduse, ce bateau,
Qu'on se le dis' au fond des ports,
Dis' au fond des ports,
Il naviguait en pèr' peinard
Sur la grand-mare des canards,
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord.

Ses fluctuat nec mergitur
C'était pas d'la litteratur',
N'en déplaise aux jeteurs de sort,
Aux jeteurs de sort,
Son capitaine et ses mat'lots
N'étaient pas des enfants d'salauds,
Mais des amis franco de port,
Des copains d'abord.

C'étaient pas des amis de lux',
Des petits Castor et Pollux,
Des gens de Sodome et Gomorrh',
Sodome et Gomorrh',
C'étaient pas des amis choisis
Par Montaigne et La Boeti',
Sur le ventre ils se tapaient fort,
Les copains d'abord.

C'étaient pas des anges non plus,
L'Evangile, ils l'avaient pas lu,
Mais ils s'aimaient tout's voil's dehors,
Tout's voil's dehors,
Jean, Pierre, Paul et compagnie,
C'était leur seule litanie
Leur Credo, leur Confitéor,
Aux copains d'abord.

Au moindre coup de Trafalgar,
C'est l'amitié qui prenait l'quart,
C'est elle qui leur montrait le nord,
Leur montrait le nord.
Et quand ils étaient en détresse,
Qu'leur bras lancaient des S.O.S.,
On aurait dit les sémaphores,
Les copains d'abord.

Au rendez-vous des bons copains,
Y'avait pas souvent de lapins,
Quand l'un d'entre eux manquait a bord,
C'est qu'il était mort.
Oui, mais jamais, au grand jamais,
Son trou dans l'eau n'se refermait,
Cent ans après, coquin de sort !
Il manquait encor.

Des bateaux j'en ai pris beaucoup,
Mais le seul qui'ait tenu le coup,
Qui n'ai jamais viré de bord,
Mais viré de bord,
Naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards,
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord.
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Jeu 8 Juil - 18:04

Au risque de me répéter...



Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.


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Pythéas
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Dim 25 Juil - 22:05

PRIERE POUR L'ACCENT


Oh! Mon Dieu ! Ils m'ont tout pris : mon pays,
Ma maison, mon ciel bleu, mes djebels et ma petite église.
De mon pays perdu, il ne reste que l'accent.
Seigneur, faites que le temps qui passe ne me prenne pas mon accent.
C'est pas que l'accent de Provence ne sent pas bon le thym et la lavande!
C'est pas que l'accent du Nord n'est pas noble et généreux !
c'est pas que l'accent de Paris n'est pas beau!
Mais le mien, Seigneur, c'est tout ce qui me reste de là-bas
Parfois il y en a qui disent que mon accent sent la merguez
Ils ne savent pas ces ignares, qu'au lieu de me vexer,
ils remplissent mon coeur de joie.
Oh! Seigneur, faites que le temps qui passe ne me prenne pas mon accent.
Parce que vous savez Seigneur, cet accent-là,
C'est l'accent de mon père qui, à Monte-Cassino, a crié à ses tirailleurs:
" Allez Larbi, Mohamed, en avant nous zôtres, pour la Fiance. "
Cet accent-là Seigneur ! C'est l'accent de mon grand père qui a crié à Verdun à ses zouaves
" Allez Pepico, allez Arenato, baïonnette au canon et vive la France. "
Si le temps me prend mon accent comment je vais faire, mon Dieu,
Pour raconter à mes petits-enfants, avec l'accent de Paris,
Comment c'était chez nous zôtres,
Vous m'entendez, mon Dieu, moi avec l'accent d'ici,
Leur dire comment criait le marchand de légumes dans les ruelles de chez nous ?
C'est pas que l'accent d'ici n'est pas joli,
Mais, mon Dieu, Vous m'entendez leur dire
les gros mots que l'on disait à Galoufa l'attrapeur de chiens,
avec l'accent de Paris, de Marseille ou de Lyon ?
Alors, Seigneur, je vous supplie,
Laissez-moi encore un peu de l'accent de là-bas,
l'accent de mon pays perdu !

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Pythéas
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Dim 12 Sep - 20:33

«Je veux vivre dans un pays où il n'y a pas d'excommuniés.
Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette.
Je veux qu'on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries.
Je veux qu'on n'attende plus jamais personne à la porte d'un hôtel de ville pour l'arrêter, pour l'expulser.
Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie.
Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos.
Je veux que l'immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s'épanouir.»

Confieso que he vivido, J'avoue que j'ai vécu
Pablo Neruda

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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Lun 27 Sep - 15:24

c'est peut-être hors contexte... l'auteur n'est que très très très peu connu...


L’amour est incontrôlable
Seule l’âme du corps choisit
Pour toi d’aimer, de ne pas aimer
Où de ne plus aimer
L’âme dirige notre cœur,
Et non l’être humain qui lui,
Par contre, se doit de nourrir
Ce cœur, le nourrir de bonheur,
De joie, de tendresse, d’amour.
L’homme obéit à l’âme, or, une âme
Qui ne réclamerait que cela est un
Rêve. Elle exigera toujours
Un peu de tristesse, un peu de colère,
Un peu de méchanceté, un peu de haine.
L’âme ramasse tout sur son chemin,
Et c’est l'esprit qui trie toute cette
Accumulation de sentiments, d’émotions.
Le cœur, lui, les interprète et leur
Accorde une importance plus ou moins
Grande selon ses désirs, son goût.
Quand à l’homme, il ne fait que
Subir ce que l’âme, l’esprit et le cœur
Ont décidé. Il n’a aucun droit
Sur eux
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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 12 Oct - 21:34

Chanson d'automne

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.


Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure


Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Est-il besoin de vous présenter Paul Verlaine et ses Poèmes saturniens...

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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 12 Oct - 21:38

Le ciel est, par-dessus le toit...

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

--Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?


Paul VERLAINE, Sagesse (1881)


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MessageSujet: Re: Un instant de poésie...   Mar 12 Oct - 21:45

Restons au XIX° siècle, et partons en voyage.




Les éléphants

Le sable rouge est comme une mer sans limite,
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
Une ondulation immobile remplit
L'horizon aux vapeurs de cuivre où l'homme habite.

Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus
Dorment au fond de l'antre éloigné de cent lieues,
Et la girafe boit dans les fontaines bleues,
Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.

Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile
L'air épais, où circule un immense soleil.
Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil,
Fait onduler son dos dont l'écaille étincelle.

Tel l'espace enflammé brûle sous les cieux clairs.
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Lés éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes
Vont au pays natal à travers les déserts.

D'un point de l'horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière, et l'on voit,
Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes.

Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps
Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine
Sa tête est comme un roc, et l'arc de son échine
Se voûte puissamment à ses moindres efforts.

Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
Il guide au but certain ses compagnons poudreux ;
Et, creusant par derrière un sillon sablonneux,
Les pèlerins massifs suivent leur patriarche.

L'oreille en éventail, la trompe entre les dents,
Ils cheminent, l'oeil clos. Leur ventre bat et fume,
Et leur sueur dans l'air embrasé monte en brume ;
Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

Mais qu'importent la soif et la mouche vorace,
Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé ?
Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
Des forêts de figuiers où s'abrita leur race.

Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Où nage en mugissant l'hippopotame énorme,
Où, blanchis par la Lune et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.

Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent
Comme une ligne noire, au sable illimité ;
Et le désert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l'horizon s'effacent.

Charles-Marie LECONTE DE LISLE

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